Je n'ai jamais été très douée pour rentrer dans les cases.

Je m’appelle Carol Pirotte.

J’ai grandi entre la Belgique et le Mexique, étudié la sociologie, la gestion du développement et de l’action humanitaire, le tourisme durable, et je me suis même retrouvée ambulancière à la Croix-Rouge mexicaine.

J’ai ensuite passé plus de douze ans à accompagner des personnes dans les profondeurs de leur vie : les traumatismes, les histoires familiales, les parts de soi qu’on a apprises à cacher, les relations qui se transforment, les identités qui se défont.

J’ai coécrit trois livres, exploré des approches somatiques, l’Internal Family Systems, les constellations et différentes formes de transformation collective.

Vu de l’extérieur, ça fait un parcours un peu éclectique.

Vu de l’intérieur, je crois qu’il y a un fil rouge assez évident : je suis fascinée par ce qui se passe quand la vie nous emmène dans des endroits où nos vieilles cartes ne servent plus à grand-chose.

Et par ce qui devient possible quand on accepte de regarder vraiment.

J’ai longtemps exploré les profondeurs. Maintenant, j’ai envie de voir ce qu’on peut en faire.

Pendant des années, j’ai accompagné des femmes et des hommes dans des moments où quelque chose en eux demandait à être rencontré, traversé, transformé.

J’ai vu des personnes regarder en face des histoires qu’elles avaient portées pendant des décennies. Des relations changer. Des certitudes s’effondrer pour laisser de la place à quelque chose de plus vivant et ajusté. Des parts de soi revenir à la maison et déposer leurs fardeaux.

J’ai appris à guider ces traversées, à sentir quand il fallait approfondir, ralentir, changer d’angle ou proposer une expérience qui permette d’aller là où les mots ne suffisent plus.

Et puis, au fil de mon propre chemin, une question a commencé à prendre de plus en plus de place.

Et si toute cette sagesse acquise dans nos traversées avait aussi vocation à servir à autre chose ?

Je veux dire : nous avons passé des années à comprendre nos histoires, à rencontrer nos blessures, à défaire des conditionnements qui se transmettaient parfois depuis des générations.

Nous avons appris à reconnaître les rapports de pouvoir, à sentir quand nous nous trahissions, à voir ce que certaines façons de vivre nous coûtaient.

Et maintenant ?

Est-ce que nous sommes censées passer les trente prochaines années à continuer à travailler sur nous-mêmes dans notre coin, chacune avec son petit tapis de yoga, ses podcasts et ses carnets de journaling ?

Pardon, mais j’ai comme un doute.

Je sens qu’il y a une autre chemin de traverse possible. Un chemin dans lequel ce que nous avons vécu, appris et incarné peut prendre place dans nos manières de créer, de travailler, de nous relier et de faire société.

Je ne sais pas encore tout ce que cela implique. Je suis en train de le découvrir moi-même et j’adore cette exploration.

Pionnière, neuroatypique et très allergique aux cases.

Je peux être fascinée par une question et avoir envie de la creuser jusqu’à ce qu’elle m’ouvre trois nouvelles portes. Je peux sentir tout un tas de choses invisibles à nos perceptions habituelles et être très perméable et submergeable si je ne fais pas attention expréssémment à l’état de mon système nerveux.

De par ma manière d’être au monde je me suis souvent cognée la tête contre un mur en me sentant handicapée sociale ou parfois même de la vie. J’ai pu avoir tant de fois l’impression d’être une extraterrestre débarquée sur Terre sans le mode d’emploi. Après un travail très engagé avec moi-même, dans mes profondeurs, j’ai appris à aimer l’ensemble de la bête que je suis, en guérissant pas mal de traumas en chemin, ce qui a libéré beaucoup de place pour la suite.

Le sacré et le quotidien cohabitent très bien chez moi.

Et je crois que c’est important de le dire, parce que les sujets qui me passionnent peuvent être profonds, parfois vertigineux, sans que j’aie la moindre envie de prendre une voix solennelle pour en parler.

J’ai une vision. Et je suis en train de chercher comment lui donner corps.


Je crois que nous avons besoin d’autres manières de vivre ensemble.

Je crois que les femmes qui ont navigué au coeur de leurs profondeurs ont parfois développé une connaissance précieuse des relations, du chaos, des passages et de tout ce qui ne peut pas se résoudre à coups de recettes.

Et je crois que certaines d’entre elles sentent aujourd’hui l’envie de mettre cette expérience au service de quelque chose de plus vaste.

Créer des communautés. Inventer d’autres façons de travailler. Faire circuler les ressources. Se soutenir dans la vraie vie. Construire des projets qui respectent les rythmes du vivant et permettent aussi de gagner sa vie.

C’est là que mon intérêt pour les principes du matriarcat rejoint mon travail.

J’explore des façons de nous organiser autour du soin, de l’interdépendance, de la coopération et de la protection du vivant. Des façons de créer de l’abondance sans que tout repose sur la compétition, l’accumulation ou l’épuisement de quelques personnes.

Je ne me présente pas comme une experte du matriarcat ni comme celle qui aurait trouvé le modèle qu’il faudrait appliquer partout.

Je suis une exploratrice. Une initiatrice, peut-être. Une femme qui a envie d’ouvrir des pistes, de réunir des personnes, de concevoir des expériences et de voir ce qui devient possible quand nous mettons nos intelligences en commun.

Je suis en train de fortifier AU SEUIL, mon accompagnement individuel des passages, tout en construisant la suite avec d’autres femmes.

Parce que ces deux dimensions se nourrissent. Il y a les traversées individuelles, et il y a ce que nous pouvons en faire ensemble.

La suite n’est pas entièrement écrite. Et je trouve ça plutôt excitant.

Si tu es arrivée jusqu’ici…


Tu as peut-être toi aussi cette sensation un peu étrange d’avoir beaucoup appris, beaucoup traversé, beaucoup compris, et de sentir que ta vie ne peut pas se résumer à continuer comme avant.

Peut-être que tu as envie de créer, de transmettre, de rassembler. Peut-être que tu as surtout besoin de retrouver des femmes avec qui tu n’as pas à expliquer pendant trois heures pourquoi certaines choses ne te conviennent plus.

Peut-être que tu ne sais pas encore très bien ce que tu cherches.

Je connais cet endroit. J’y suis aussi, à ma manière.

Je continue à explorer, à expérimenter, à me tromper, à affiner ma vision et à chercher comment lui donner une forme qui soit à la fois vivante, concrète et économiquement viable.

Si tu as envie de suivre cette recherche, je partage mes réflexions et mes découvertes dans ma lettre.

Et si tu traverses un passage qui demande une vraie rencontre, tu peux aussi découvrir AU SEUIL.

Je serais heureuse de savoir ce qui t’amène ici, et ce qui, dans tout ça, résonne avec ta propre vie.

Le Vivant, et cette drôle d’affaire qui consiste à lui faire confiance.

 

 

Depuis plusieurs années, ma relation au Vivant prend une place de plus en plus centrale dans ma vie.

Quand je parle du Vivant, je parle de cette intelligence plus vaste que nos raisonnements individuels, à laquelle je peux parfois me relier et qui m’aide à sentir, discerner, choisir.

Je sais que cette relation a profondément changé ma façon d’habiter les périodes d’incertitude, de prendre des décisions et de regarder ce qui se déroule dans ma vie.

Il y a des moments où je peux passer des heures à essayer de comprendre, d’anticiper, de trouver la bonne stratégie. Et puis je réalise que je suis en train de m’agiter autour d’une question à laquelle je ne peux pas encore répondre.

Il me faut alors retrouver une autre qualité d’écoute. Revenir au corps et au coeur. Laisser retomber le bruit. Voir ce qui se présente quand j’arrête de vouloir tirer toutes les ficelles en même temps.

C’est pas toujours confortable. Je suis humaine, hein.

Et je n’y parviens pas à tous les coups, mais c’est devenu une dimension essentielle de ma manière de vivre et de travailler.

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